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La lettre 29 – Avril 2022

28 04 2022

VIEILLIR EN PAIX GRÂCE À LA PSYCHANALYSE CORPORELLE ?

PREMIÈRE PARTIE : DANSER AVEC L’IMPERFECTION

 

La psychanalyse corporelle est-elle réservée à une tranche d’âge compte-tenu de son implication physique et psychique ? Quel est l’intérêt de se mettre en paix avec sa famille (même si les parents sont décédés) et avec son histoire ? Le témoignage de Danielle, 78 ans, nous éclaire sur l’utilité d’une psychanalyse corporelle même à un âge mûr.

Danielle, vous avez commencé il y a quelques années une cure en psychanalyse corporelle. A quel âge avez-vous démarré cette cure et qu’est-ce qui vous a motivée ?
J’avais plus de 70 ans. J’avais commencé un travail personnel plus ou moins intense quelques années auparavant et j’étais en bout de course. Je me sentais très enfermée dans le jugement contre moi-même si j’essayais de faire des efforts, j’étais beaucoup dans le mental. Il m’est apparu intuitivement que c’était par le corps que je pouvais avancer encore dans cette bienveillance envers moi et envers les autres. C’est comme ça que ça a commencé. J’avais demandé à Bernard Montaud si l’âge que j’avais pouvait être un empêchement. Sa réponse m’a encouragée à commencer. J’avais une motivation très forte.

Aujourd’hui vous avez quel âge ?
78 ans.

Est-ce que cette motivation a perduré pendant votre psychanalyse corporelle ?
Cela a été une aventure extraordinaire. Ce qui m’a le plus touchée dans un premier temps c’était d’oser me lâcher et d’aller vers qui je suis. 

En quoi ce que vous avez découvert a éclairé votre vie, votre quotidien ?
C’est sûr que cela a éclairé tous mes comportements répétitifs issus de mes traumatismes d’enfance. Mais aussi, ce à quoi je ne m’attendais pas du tout, j’ai découvert des aspects du meilleur de moi et du meilleur des êtres qui m’ont été proches. C’est aussi à cela que ma psychanalyse corporelle m’a donnée accès. Aujourd’hui, quelques années après, avec la tendance traumatique que j’ai, je l’oublie parfois cette partie. Alors, de temps en temps j’y reviens en me remémorant ma cure ou en relisant mes bilans de séance. Cette partie est la plus belle et celle que j’oublie le plus vite. J’ai vécu ma psychanalyse corporelle comme une aventure exceptionnelle même si c’est une expérience qui n’est pas facile, il faut le reconnaitre !

J’ai revécu trois des traumatismes qui m’ont construite. C’est la naissance qui m’a le plus éclairée. Je le vois presqu’au quotidien. C’est quand même extraordinaire de se rendre compte qu’on est estampillés dans nos comportements dès la naissance. Quelques années après, si je ne continue pas à être touchée par cette petite dans ma vie de tous les jours, cela peut redevenir mental. Même si on a fait une psychanalyse corporelle cela demande ensuite un entretien, comme pour les voitures ! (rires). Si on n’entretient pas, les choses se diluent et on oublie l’essentiel. Il ne faut pas que la connaissance de soi devienne rigide. Ce n’est pas magique. Cela nécessite une pratique intérieure constante et surtout une reliance avec plus grand que moi, car sans Lui je ne peux rien. 

Est-ce que l’âge que vous aviez lors de votre cure vous a posé des problèmes quant à l’exigence physique que demande la psychanalyse corporelle ?
Non, pas du tout ! 

Votre psychanalyse corporelle vous aide-t-elle à mieux vivre votre vieillesse ?
Oui cela m’aide. Cela m’aide entre autres à mieux percevoir le monde des autres, de ceux qui m’entourent. Il y a comme une danse entre mes comportements traumatiques et les comportements traumatiques des autres. Soit on reste sur sa défensive soit on danse. Je sais que l’autre aussi est dans ses conséquences traumatiques, moi dans les miennes et cela m’aide à mieux me comprendre et à mieux comprendre mes proches. J’arrive mieux à prendre de la distance par rapport à mes angoisses et à mes difficultés. 

Est-ce que la connaissance de soi peut aider à une fin de vie plus paisible ?
A mon avis, oui ! La connaissance de soi entraine la connaissance de l’autre. Rien n’est séparé. Plus je me connais moi, plus je peux tenter de connaitre mieux l’autre. Il y a comme une symbiose entre les deux qui se fait. Je peux être plus ouverte à moi et aussi aux autres du côté de la souffrance mais aussi du côté de la grandeur. 

Si c’était à recommencer ?
C’est sûr que je recommencerais ! (Eclat de rires). Je ne regrette pas du tout. J’ai eu une très bonne intuition. Tout passe par le corps. Je remercie ceux qui ont mis sur pieds cette technique d’approche de soi. C’est une technique d’avenir. Je suis vraiment convaincue que nous avons dans notre corps toutes les informations. C’est une bibliothèque extraordinaire dont je n’ai tourné que quelques pages. C’est tellement difficile de se dévoiler. C’est dans la nudité totale que la paix peut advenir. J’ai osé être moi. En psychanalyse corporelle on ne peut pas tricher. Quand on ne triche plus, on ne fait plus la guerre. 

Témoignage recueilli par Daniela Litoiu

 

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