kinevarianews1Fondements de la psychanalyse corporelle 
première partie 

Catherine Berte et Jean-Michel Lasbouygues 

Kinévaria news (octobre 2006)

"La psychanalyse corporelle est un travail sur le corps qui peut être présenté comme une réponse à la dimension psychologique de la kinésithérapie. Il s'agit ici de proposer une nouvelle rééducation, celle de bien vivre avec soi dans ses difficultés quotidiennes. Vous savez, toutes ces petites misères que l'on rencontre dans le travail, dans le couple... Celles qui font qu'au bout du compte, on a passé une bonne ou une mauvaise journée..."

 

 

 

La psychanalyse corporelle est un travail sur le corps qui peut être présenté comme une réponse à la dimension psychologique de la kinésithérapie. Il s'agit ici de proposer une nouvelle rééducation, celle de bien vivre avec soi dans ses difficultés quotidiennes. Vous savez, toutes ces petites misères que l'on rencontre dans le travail, dans le couple… Celles qui font qu'au bout du compte, on a passé une bonne ou une mauvaise journée. A écouter les patients, les cabinets ne sont-ils pas pleins de cette demande là?

Au cours de cinq épisodes, plusieurs sujets seront abordés dont quelques points de théorie, les quatre traumatismes qui façonnent toute personnalité, les différents niveaux de lapsus corporels et le témoignage d'une jeune femme. Enfin, il y a aussi l'intérêt que peut présenter cette discipline pour le kinésithérapeute lui-même, car il y a un homme sous la blouse blanche. En effet, le soignant est au service du patient. Mais ne lui arrive-il pas d'être lassé de faire son 500ième massage lombaire et d'être confronté à des journées de travail épuisantes?  Et lorsqu'il rentre  chez lui, n'a-t-il pas besoin de réussir sa soirée, avec ses enfants et dans son couple? Ne mérite-t-il pas  d'avoir une bonne vie après de bonnes journées de travail? 

C'est de ces différentes facettes de la psychanalyse corporelle, ce travail novateur sur le corps,  dont il sera question au cours de ces cinq rendez-vous.

Le point de vue du kinésithérapeute.

Au fur et à mesure de notre vie professionnelle, nous traitons tous les âges de la vie, du nourrisson à la personne en fin de vie. Pour l'OMS, la santé est un équilibre à deux niveaux: celui du corps et celui du psychisme. Nous le constatons tous les jours.

Je ne prendraiqu'un exemple, celui de cet homme aux lourdes responsabilités professionnelles. Il travaillait toujours plus, sans savoir dire à ses responsables: qu’il n’en pouvait plus. Il y en a tellement, finalement, qui nous témoignent de leurs problèmes de vie si ordinaires. Nous pouvons faire à cet homme le meilleur massage, lui apporter la meilleure rééducation, et c'est bon pour son corps. Mais jamais nous ne l'empêcherons d'accepter du travail, encore et encore, jusqu'à s'user, jusqu'à blesser son dos. Il y a des comportements de vie qui sont titanesques par rapport à notre action. Ce symptôme de dos ne serait-il pas la partie émergente d'une souffrance plus  profonde, qui agit au final sur le corps? Qui d'entre nous n'a pas été le témoin de confidences, tellement les souffrances psychiques sont liées aux souffrances physiques ? N'aurions nous pas une place de choix pour pouvoir accompagner plus loin la personne? 

Le corps livre les clés de la personnalité.

Cette technique, fondée par Bernard Montaud*, kinésitérapeute-ostéopathe et toute une équipe, a déjà 25 ans. Ce qui au départ était une émotion inexplicable lors d'une séance d'ostéopathie crânienne, va devenir une technique à part entière, enseignée aujourd'hui sur 5 années. Cette pratique repose sur plus de 50000 séances et sur des centaines de traumatismes revécus.

Elle est basée sur le lapsus corporel. En effet, c'est par la progression au travers de sept niveaux de lapsus corporels, auxquels correspondent sept niveaux de mémoirepsychique, qu'elle permet à chacun de revivre les traumatismes  du passé, qui façonnent la personnalité. Ici il faut entendre par traumatisme, un instant décisif. Un rendez-vous incontournable que chacun d'entre-nous a traversé, comme le traumatisme de la naissance par exemple. C'est un sommet de douleur psychique, où l'enfant décide d'un comportement pour pouvoir garder son équilibre intérieur. Et ce comportement, 

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